Organisée par le Pôle Expérimental Métiers d’Art de Nontron et du Périgord Vert, « Aujourd’hui la Tapisserie », exposition qui s’est tenue du 21 avril au 28 mai 2007 à l’Espace Paul Bert de Nontron, a permis de présenter un état des lieux de la tapisserie de création en France.
Au travers de questionnaires et d’échanges entre les liciers-créateurs et le public, cette manifestation a porté « un regard sur les liciers-créateurs indépendants en France » et donc sur l’évolution de leur art dans la société actuelle.
Aidé par les associations Arelis et Fils et Métiers, le Pôle Expérimental Métiers d’Art a réalisé au printemps 2006 un recensement (non exhaustif) des liciers-créateurs français. Un questionnaire a été envoyé aux 63 professionnels recensés, les invitant à s’identifier plus précisément.
Sur 63 liciers contactés (22 inscrits à la Maison des artistes), 21 ont répondu ; parmi eux, 13 femmes entre 50 et 65 ans, 5 femmes entre 30 et 50 ans et 3 hommes âgés de plus de 68 ans.
La Commission de l’exposition réunie en décembre 2006, a sélectionné le travail de 15 d’entre eux (cf l’article « Aujourd’hui la Tapisserie »).
L’état des lieux proposé par le Pôle Expérimental Métiers d’Art de Nontron et du Périgord Vert s’appuie sur les indications données par les professionnels qui ont répondu et/ou participé à l’exposition « Aujourd’hui la Tapisserie ».
Retrouvez l’état des lieux complet dans la suite de la note
Formation et Localisation
14 des liciers-créateurs participant à l’enquête du PEMA/NPV ont appris leur métier au sein d’écoles telles que l‘ENAD (Ecole Nationale des Arts Décoratifs – ENSA) d’Aubusson, l’ENSBA (Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts) à Paris, la manufacture des Gobelins, les écoles des Beaux Arts ou le lycée pilote d’Arts appliqués de Sèvres. Certains professionnels ont suivi une formation à l’étranger (Etats Unis, Allemagne, Algérie, Belgique), 2 ont fait un apprentissage et 3 sont autodidactes.
Ces professionnels viennent de nombreux départements français. Une majorité est concentrée sur la région parisienne : 2 à Paris, 4 en Ile de France, 3 dans le Centre, 3 en Dordogne, 1 dans les régions Bretagne, Pays de la Loire, Charente, Hautes-Alpes, Aveyron et Pyrénées-Atlantiques.
Nature du savoir-faire actuel
13 des professionnels ayant répondu à l’enquête ont créé leurs ateliers dans les années 70 et 80, les décennies 90 et 2000 ont vu 4 ouvertures d’ateliers seulement.
Aujourd’hui, 11 d’entre eux travaillent à plein temps et 9 occupent en parallèle un emploi à mi-temps ou à temps partiel. Ces emplois annexes touchent essentiellement l’enseignement de pratiques artistiques (arts textiles, arts plastiques) et le développement culturel.
Les 21 liciers interrogés sont tous auteurs de leurs tapisseries et maîtrisent leur savoir-faire de la conception au tissage.
Seuls 5 tissent (exceptionnellement ou non) pour des peintres-cartonniers et 3 souhaiteraient le faire.
10 liciers utilisent des métiers de haute-lice et 7 d’entre eux utilisent tout aussi bien des cadres. Une professionnelle utilise un métier de haute et de basse-lice, 5 utilisent uniquement des métiers de basse-lice, un seul licier utilise encore les 3 techniques.
Les métiers et cadres utilisés varient entre 1 et 4 mètres. La majorité des liciers interrogés utilise toujours un carton ou dessin préparatoire avant la réalisation de leur tapisserie.
Sur les 21 liciers participant à l’enquête, 18 sont capables de tisser des pièces de grandes dimensions et 15 d’entre eux réalisent tout aussi bien des pièces miniatures.
Maîtrise de la technique traditionnelle et liberté de tissage caractérisent les œuvres. Le choix des effets et des matières joue un rôle prépondérant.
Les tapisseries contemporaines sont de nature bi ou tri dimensionnelle, mêlant matériaux traditionnels (laine, chanvre, lin…) et autres (lurex, caoutchouc…).
Les thématiques ont également une importance majeure, elles sont généralement le reflet de la personnalité et des centres d’intérêt du licier-créateur. Certaines relèvent de l’imaginaire, de l’intime et du vécu, d’autres sont liées à l’histoire de la tapisserie ou à l’histoire de l’art (abstraction, mille-fleurs etc.).
L’exposition « Aujourd’hui la Tapisserie » a suscité l’intérêt de 719 visiteurs (soit une moyenne de 26,6 personnes par jour).
Durant 27 jours, grand public et scolaires ont été invités à découvrir la tapisserie contemporaine et ses techniques de réalisation. Une visite d’un atelier de tapisserie de basse-lice était aussi proposée à la demande.
Innovation, créativité et haute technicité du savoir-faire des liciers contemporains ont retenu toute l’attention des visiteurs.
Cette exposition aura également permis aux liciers-créateurs de se retrouver, de rassembler leurs énergies et d’affirmer leur dynamisme. Certains d’entres eux se sont ainsi rendus aux Rencontres de l’Ecole du Louvre dont le thème était « La tapisserie, hier et aujourd’hui ».
Selon les vœux des divers intervenants et afin que ce savoir-faire perdure, cette exposition collective pourrait être l’objet de futurs événements concernant la tapisserie au sein de différentes régions françaises.

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